Archives de catégorie : Lettres du doyen

Lettre du doyen, 30 mai 2020

Pour la Pentecôte
et la reprise prochaine des célébrations eucharistiques

Bonjour à chacune et à chacun,

Avec la Pentecôte s’achève le temps de Pâques : le Christ est mort et est ressuscité pour que nous devenions pleinement les enfants de notre Père des Cieux et ses témoins fidèles jusqu’aux extrémités de la terre. Mais cela ne peut se réaliser sans le don de l’Esprit que Jésus nous envoie d’auprès du Père. Ce n’est qu’ainsi que nous pouvons vraiment nous tourner vers le Père, comme ses enfants bien-aimés, en lui disant « Abba, Père ! ». Ce n’est qu’ainsi que nous pouvons vivre vraiment en témoins de l’Amour, là où nous sommes, pour que tout homme, toute femme, jeune ou plus âgée, valide ou non, puissent rencontrer l’Amour de notre Père des cieux qui se donne à nous par Jésus, dans l’Esprit.

À la Pentecôte, l’Église des Apôtres s’est « déconfinée ». Cette année, malheureusement, nous ne pourrons pas encore le vivre en vrai, mais notre cœur doit se déconfiner déjà : remplis toujours davantage de l’Esprit, soyons de plus en plus ouverts sur les autres, solidaires et fraternels, témoins de l’Amour là où nous sommes !

Le 3 juin, le Conseil national de Sécurité décidera de la date où tous les cultes de notre pays pourront à nouveau se réunir pour tenir des services religieux. Entretemps, les mesures de sécurité qui devront être appliquées, ont été approuvées. Elles ont été transmises à tous les responsables pastoraux locaux. Nos églises se préparent ainsi ou sont déjà prêtes pour la reprise des célébrations.

Comme on ne pourra accueillir qu’une personne par 10 m2, le nombre de places disponibles dans nos églises sera fortement limité. De plus, pendant les célébrations, on devra garder la distance de 1m50 entre nous et observer diverses règles sanitaires. Sur la porte de chaque église, on affichera le nombre maximum de personnes pouvant être accueillies. Ainsi, à Ciney, à la collégiale et à l’église des capucins, nous ne pourrons accueillir que 55 personnes, pour chaque célébration. Comme il n’y aura pas de messe à Biron à 9h à cause de la petite taille de l’église, il y aura une messe à la collégiale à 9h, en plus des messes de 10h30 et de 18h. Pour la messe de 10h30 à la collégiale, il faudra réserver sa place. La plupart l’ont déjà fait.

Nous vous recontacterons dès que la date de la reprise de célébrations sera fixée. Nous espérons pour le week-end prochain, c’est-à-dire pour le dimanche de la Sainte Trinité.

Pour finir, voici une prière à l’Esprit Saint écrite par saint Jean XXIII :

« Ô Saint Esprit, achève en nous l’œuvre commencée par Jésus ;
donne force et constance à la prière que nous faisons au nom du monde entier ;
hâte pour chacun de nous l’heure où nous accéderons à une profonde vie intérieure ;
donne son élan à notre apostolat, qui veut atteindre tous les hommes et tous les peuples,
tous ceux qui sont rachetés par le Sang du Christ et tout son héritage.
Mortifie en nous notre présomption naturelle et élève-nous jusqu’à la sainte humilité,
la vraie crainte de Dieu, le courage généreux.
Qu’aucune attache terrestre ne nous empêche de faire honneur à notre vocation ;
qu’aucun intérêt, par lâcheté de notre part, ne lèse les exigences de la justice ;
qu’aucun calcul ne réduise l’immensité de la charité aux étroitesses de nos petits égoïsmes.
Que tout soit grand en nous : la recherche et le culte de la vérité, la promptitude de notre sacrifice, jusqu’à la croix et la mort ;
et enfin, que tout corresponde à la dernière prière du Fils à son Père céleste
et à cette effusion de grâces
que le Père et le Fils veulent répandre par toi, Esprit d’amour, sur l’Église et sur ses institutions, sur chaque âme et chaque peuple. Amen. »
 

« Puisque l’Esprit est notre vie, que l’Esprit nous fasse aussi agir ! » (Ga 5,25)

En restant en communion avec vous toutes et vous tous,

Abbé Pascal-Marie, votre doyen

Lettre du doyen pour la semaine sainte 2020

auprès du Seigneur pour la fin de la pandémie, pour le soulagement des malades, pour le personnel soignant et le salut éternel des défunts !

Pour le jeudi saint, le vendredi saint et le dimanche de Pâques à la cathédrale de Namur, le diocèse a organisé des retransmissions en direct :

Vous pourrez aussi être en communion avec les célébrations qui auront lieu à la collégiale de Ciney, portes fermées, le jeudi saint à 19h, le vendredi saint à 19h et le dimanche de Pâques à 10h30.

Sainte fête de Pâques à chacune et à chacun !

En restant en communion avec vous toutes et vous tous,

Abbé Pascal-Marie, votre doyen

Lettre du doyen pour le début du temps pascal 2020

Bonjour à toutes et à tous,

Nous venons de célébrer Pâques dans des conditions exceptionnelles, mais nous avons eu la joie d’être en communion tout spécialement pour la célébration de la veillée pascale présidée par Mgr Warin à la collégiale. Un grand merci à toutes celles et à tous ceux qui ont participé à la préparation de cette célébration qui a été un signe d’espérance pour beaucoup, selon les échos que nous en avons eus. Vous pouvez revoir la célébration sur le site du doyenné

(www.doyennedeciney.be).

Après le conseil national de sécurité de ce vendredi 24 avril, nos évêques vont nous donner des directives pour l’avenir. Dans leur communiqué du 16 avril, on peut lire ceci :

« La décision du 15 avril 2020 notifie que toutes les mesures prises par les autorités civiles et religieuses concernant les célébrations religieuses ou activités ecclésiales sont maintenues jusqu’au 3 mai 2020. Dès modification des mesures générales par un prochain Conseil National de Sécurité, le Conseil permanent de la Conférence des Évêques examinera avec les autorités civiles comment l’Église peut modifier ses mesures, en quels lieux et dans quelles conditions. Une nouvelle communication sur ce sujet suivra alors dès que possible. »

En attendant, nous sommes invités à vivre ce temps pascal en laissant le Seigneur ressuscité nous communiquer sa paix. Continuons de nous soutenir les uns les autres par la prière et par de petits gestes d’attention et de solidarité. Rendons grâce aussi pour le dévouement de tous ceux qui sont en première ligne et aussi pour l’élan de générosité et de solidarité qui est une « sainte » contagion qui touche de plus en plus de personnes dans nos paroisses, nos communes, notre pays et le monde entier.

C’est quand on est privé de l’Eucharistie, comme en ce temps de confinement, qu’on perçoit peut-être davantage à quel point le Pain de Vie nous est vital. « Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour », demandons-nous régulièrement à notre Père des Cieux. Cette demande vise non seulement le pain matériel mais aussi le pain eucharistique, comme le suggère l’emploi du terme grec epiousios qu’on traduit par « de ce jour », mais qui signifie littéralement « sur-essentiel ». La Catéchisme de l’Église catholique explique : « Pris à la lettre, il désigne le Pain de Vie, le Corps du Christ, ‘remède d’immortalité’ » (Nr 2837). Saint Augustin considère aussi l’Eucharistie comme « notre pain quotidien ».

En cette période où tant de chrétiens souffrent de la privation de l’Eucharistie et où tant de prêtres doivent célébrer l’Eucharistie seuls, sans assemblée, le témoignage du vénérable évêque Mgr Boleslas Sloskans peut nous encourager. Il a souffert dans les prisons et les camps soviétiques et a vécu les 35 dernières années de sa vie en Belgique. L’Eucharistie était pour lui le centre de chaque journée : sa plus grande joie était de célébrer la Messe, et cela jusqu’à la fin de sa vie.

Pendant sa captivité, les jours les plus pénibles furent pour lui ceux où il ne pouvait pas la célébrer. Voici quelques extraits de son récit autobiographique :

« 30 janvier 1929. On me transporta à l’improviste, de l’île Solovki à l’île d’Anzer. (..) Une vie nouvelle commença pour moi. Il n’y avait plus de messe. Dans la baraque, du matin au soir, jurons, querelles, vols, blasphèmes et anecdotes d’une immoralité repoussante. »

Plus tard, quand d’autres prêtres arrivèrent à Anzer et qu’ils furent casés avec Mgr Sloskans dans la même baraque, ils songèrent à célébrer la Messe :

« Dès le début nous songeâmes à une grave question : comment et où dire la messe. Malgré toutes les perquisitions nous possédions l’indispensable pour célébrer la Ste Messe. (..) Pendant quelques jours nous célébrâmes dans la forêt sur une pierre ; mais c’était incommode et dangereux. Ensuite nous érigeâmes avec quelques valises un autel au grenier. Cachés de toutes parts nous disions tous les jours la messe à genoux sans bouger pour ne pas remuer le toit par un mouvement de la tête. (..)

Au commencement nous pouvions employer du vin qu’on nous envoyait dans des colis. Quand l’autorisation de célébrer la messe nous fut enlevée, nous perdîmes aussi le droit de recevoir du vin : on confisquait tous les envois qui nous étaient destinés. Nous dûmes préparer nous-mêmes notre vin de messe selon le conseil que Tanquerey donne dans sa théologie, c’est-à-dire, en utilisant le raisin sec. Nous disions la messe avec quelques gouttes de vin seulement. Le raisin sec était pêché dans la compote achetée spécialement dans ce but ; nous faisions notre possible pour l’obtenir dans des envois. Les calices étaient en étain, fabriqués par nous-mêmes. Nous faisions aussi nous-mêmes les hosties (..). »

Mgr Sloskans avait également le souci de soutenir les autres prisonniers en se débrouillant pour leur faire parvenir la Communion. Il écrit : « J’avais remarqué qu’il se trouvait dans le camp un certain nombre de mes paroissiennes de Russie blanche. (..) Quand notre chapelle fut fermée, nos paroissiennes se retrouvèrent privées de la Sainte Communion ; depuis lors le Saint Sacrement leur fut porté jusqu’à la grille enveloppé dans un linge propre ; elles le portaient ensuite elles-mêmes dans la chambre qui leur était réservée et communiaient chacune pour soi (..). Quand les prêtres ne pouvaient pas porter eux-mêmes le Saint Sacrement, cette haute mission était confiée à deux adolescents qui vivaient avec nous et se préparaient au sacerdoce. »

Vivons dans l’espérance le temps pascal !

En restant en communion avec vous toutes et vous tous,

Abbé Pascal-Marie, votre doyen