Article extrait du site du Diocèse de Namur

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L’abbé Pascal-Marie Jérumanis nommé doyen de Ciney.

Avant d’aller au rendez-vous fixé par Mgr Pierre Warin, l’abbé Pascal-Marie Jérumanis s’est plongé dans la prière.  »Je savais que l’évêque allait me demander quelque chose. Et quand l’évêque adresse une demande, il faut se rendre disponible. » L’abbé Jérumanis a donc répondu favorablement à la proposition qui lui était faite. En janvier 2020, il sera le nouveau doyen de Ciney succédant ainsi à l’abbé Pierre Renard qui, au même moment, deviendra lui doyen de Beauraing.

L’abbé Jérumanis, 59 ans, est né à Leuven. Ses parents arrivent en Belgique lors de la seconde guerre mondiale, des réfugiés qui fuient leur pays, la Lettonie et le communisme. Ils se marient en Belgique.  »Je suis né dans une famille profondément croyante » précise l’abbé Jérumanis. Alors qu’il est adolescent, il sent l’appel du Seigneur. A 18 ans, le jeune homme sait qu’il sera prêtre mais avant de rejoindre le séminaire, il veut décrocher un diplôme.  »Dans un monde qui », comme il le précise,  »devient de plus en plus sécularisé », il ressent le besoin d’approfondir d’autres domaines que la philosophie et la théologie. Il décroche son diplôme d’ingénieur civil se spécialisant tout particulièrement dans les télécommunications. Jamais, il ne mettra en pratique ses connaissances. Son désir de devenir prêtre est plus que jamais présent. C’est ainsi que, parallèlement à ses études d’ingénieur, les deux dernières années, il entame la philosophie. Au séminaire Saint-Paul, à Louvain-la-Neuve, il a pour professeur un certain abbé André Léonard.  »J’aimais beaucoup cette vie de séminaire ouverte sur la vie estudiantine. »
Le futur prêtre est intéressé par la spiritualité du carmel, il part pour Notre-Dame de Vie où la relation avec Dieu, la prière silencieuse sont mises en évidence.  »C’est déterminant pour être témoin de Dieu. » Après deux ans, il demande à prolonger son séjour, le temps de terminer des études entamées cette fois à l’université de Fribourg et un doctorat sur saint Jean. Saint Jean, un évangéliste qu’il apprécie tout particulièrement. C’est en France, à Venasque, qu’il sera ordonné il y a presque 30 ans.
Ce voyageur ne pose pas pour autant ses valises. Après la chute du communisme, la Lettonie lui ouvre ses frontières. Il découvre le pays de ses ancêtres et y anime de nombreuses sessions pour les futurs prêtres comme pour les laïcs. Décidé à prendre une année sabbatique, il rentre en Belgique et va saluer l’abbé Léonard devenu évêque du diocèse. Ce dernier lui conseille de rencontrer le chanoine Rochette alors recteur du séminaire… Une année sabbatique durant laquelle, il enseigne. Depuis, l’abbé Pascal-Marie Jérumanis est un familier des couloirs du Séminaire Notre-Dame de Namur où il enseigne notamment l’Ecriture Sainte. Ses nouvelles fonctions ne vont pas l’empêcher de retrouver ses étudiants.  »Quand je suis devenu prêtre, je ne pensais pas devenir professeur, ce sont les circonstances. C’est une mission à laquelle j’ai répondu. » Mission à laquelle il est attaché. Pendant un temps, il a aussi fait partie, au Séminaire, de l’équipe des formateurs.

Des mots simples
A quelques jours de ce nouvelle étape dans son ministère, l’abbé Jérumanis est serein.  »Je regarde cette mission avec beaucoup de confiance. » Depuis qu’il a appris cette nomination, il s’est renseigné sur les missions, plus  »adminsitratives » qui vont être les siennes. Un futur doyen heureux de l’accueil très fraternel reçu auprès de ses confrères.  »Un doyen se doit d’abord d’être un curé là où il est. Je ne m’imagine pas qu’un doyen puisse perdre le contact avec ses paroisses, avec ses confrères, avec les laïcs engagés. Je ne suis pas de ceux qui, à peine arrivés, bousculent tout ce qui a été fait. Je vais écouter, découvrir.  » L’abbé Jérumanis arrivera donc à Ciney au début de l’année prochaine. Une ville et une région que le futur doyen connaît un peu, se rendant régulièrement au monastère de Chevetogne, tout proche. Il est bien décidé à approfondir ses connaissances du terrain notamment grâce à la marche, une discipline qu’il apprécie tout particulièrement.  »Idéal pour se libérer l’esprit » dit-il.
La vie en paroisse, l’abbé Jérumanis connaît bien. Il est membre de l’équipe solidaire des paroisses du secteur pastoral de Ham-sur-Sambre. Au fil des années, il s’est aperçu qu’en creusant la Bible, ses propos étaient moins ceux d’un théologien. Et l’abbé Jérumanis en est heureux:  »On peut ainsi utiliser des mots plus simples pour, par exemple, lors des messes des familles toucher les parents et les enfants. » Homme de contacts, l’abbé Jérumanis avait aussi pris l’habitude d’organiser des soirées autour d’un film. La projection était suivie d’un temps de discussion avec les paroissiens. Soirée qui se terminait autour de la table. ‘‘C’était le principe de l’auberge espagnole. Chacun apportait quelque chose.Comme je ne savais pas combien de personnes allaient participer et ce qu’elles allaient apporter, je préparais aussi des choses à manger. »

S’ancrer en Dieu
S’il continuera à enseigner, il poursuivra encore son travail de postulateur de la Cause de béatification de Mgr Boleslas Sloskans. Né en 1893, cet évêque a été envoyé dans des camps soviétiques avant d’être déporté en Sibérie. Sa faute? Son amour pour le Christ et l’Eglise. A sa libération, il exercera son ministère en Lettonie puis durant 35 ans en Belgique. Ceux qui l’ont approché gardent l’image du Bon Pasteur. Un prêtre qui avait une dévotion particulière pour Notre-Dame de Beauraing.
Un nouveau doyen qui aura donc un agenda bien chargé. L’abbé Jérumanis est conscient de ses limites.  »Je ne suis pas un surhomme. Je suis un pauvre homme qui veut remplir la mission tout en sachant qu’il ne pourra tout faire. J’apporterai ma modeste contribution. Le Bon Pasteur, c’est Jésus. » Une autre de ses priorités sera d’apporter un soutien humain et spirituel aux prêtres de son doyenné  »en allant, par exemple, manger une frite à la friterie du coin. » Soutien aux laïcs:  »Nous sommes très occupés mais ce n’est pas pour cela que les personnes doivent passer au second plan. Il faut encore une attention, comme le dit le pape François, particulière aux marginalisés. Mes priorités sont la paroisse, le doyenné et très concrètement les personnes. »
Il y a plusieurs années, alors qu’il était encore étudiant, l’abbé Jérumanis avait eu l’occasion de partir en voyage à New-York. Les images de cette ville restent gravées dans son mémoire. Il est alors ébahi devant la taille des gratte-ciel.  » Quand on voit la basilique Saint-Patrick elle est imposante. A côté de tous ces immeubles, elle est minuscule. Cela fait réfléchir sur la place de Dieu. »Images qui sont toujours autant source de motivation pour le futur doyen:  »Il est plus que jamais nécessaire de s’ancrer en Dieu pour témoigner de son Evangile. »
Christine Bolinne