Le mot du Doyen

 

Chers vous tous,

Nous venons de vivre le grand événement de la vie chrétienne: la semaine sainte durant laquelle nous avons été renouvelés dans la grâce de notre baptême. Nous avons été invités à entrer davantage dans le mystère de l’Amour de Dieu pour nous: jusqu’à donner sa vie, son sang pour que nous soyons libérés de l’entrave de nos péchés; jusqu’à donner son sang en nourriture pour être avec nous, en nous et nous fortifier de sa Présence, de son Amour, au jour le jour.

Si nous avançons ainsi dans la « connaissance » véritable de Dieu, nous ne pouvons pas ne pas « rendre grâce » (c’est d’ailleurs le sens du mot « eucharistie »). Si nous ne rendons pas grâce, c’est que nous sommes devenus comme des enfants gâtés qui ne comprennent pas ou plus, ou qui ne veulent pas comprendre, à quel point le Seigneur tient à eux. Dans ce cas, nous allons vite entrer, à l’inverse, dans la rouspétance, dans le murmure ( comme le peuple d’Israël dans le désert) , dans la morosité où veut nous entraîner l’esprit des ténèbres, avec le venin de ses pensées sombres et négatives.

La prière, donc, qui est la plus ajustée à Dieu lorsque nous découvrons qui IL est pour nous, est la louange avec l’adoration. Bien sûr, nous avons, dans nos vies, des moments de cris, de supplications, de demandes tout à fait légitimes: les psaumes en contiennent beaucoup. Mais plus nous entrerons dans la profondeur du Cœur de notre Seigneur, plus nous serons amenés généralement à le louer en vérité, à L’exalter comme Marie dans son Magnificat.

La Bible nous y invite souvent: « Louez le Seigneur, célébrez-le, louez son saint Nom, bénissez-le… ». Et même lorsque nous n’y sommes pas vraiment disposés, c’est alors un sacrifice mais… « ce qui plaît à Dieu, ce qui est juste, ce ne sont pas les holocaustes de taureaux gras mais l’offrande du sacrifice de l’action de grâces » (cfr psaume 49). Car le Seigneur est vraiment digne de toute louange.

La louange est un acte de foi en Dieu qui est à l’oeuvre (malgré parfois les apparences) et cette foi – nous le voyons dans les miracles de Jésus – ouvre la porte à son Oeuvre. C’est ainsi que, par une louange communautaire et persévérante, les murs de Jéricho sont tombés devant Israël (Josué 6).

Le psaume 22 (verset 4) révèle que DIEU HABITE LES LOUANGES DE SON PEUPLE! Et c’est pourquoi l’Esprit Saint veut faire de nous un peuple de louange, des êtres de louange et de reconnaissance pour tout l’Amour du Père exprimé, pour nous, en Jésus.

Saint Paul, le grand apôtre des « païens » parlera souvent, dans ses lettres, de ses prières d’action de grâces et signalera même que l’Esprit Saint l’entraîne dans des cris, des gémissements ineffables (ce qu’on peut appeler le « chant en langues ») tellement la bonté de Dieu dépasse les mots. De sorte que nous ne pouvons, à certains moments, que balbutier, laisse libre cours aux gémissements qui inspire l’Esprit Saint à nos cœur d’enfants qui ne peuvent pas ou plus mesurer leurs expressions dans leur élan généreux vers le Père et son Cœur si grand!

Oui, l’Esprit Saint veut nous entraîner déjà dans le courant de la louange du ciel et, plus nous louons en vérité, plus nous aurons de quoi louer et notre vie va en être renouvelée…

Voulons-nous nous laisser prendre personnellement et communautairement?