Messe d’action de grâce du 29/12/2019 à la Collégiale

Homélie du doyen Pierre Renard.

              Quelle belle providence que cette messe « d’action de grâce » se situe en ce temps béni de Noël, à l’occasion de la fête de la sainte Famille de Jésus, Marie et saint Joseph ! Elle est, cette fête, le signe de ce que Dieu veut réaliser pour nous tous.

              Quel trésor de savoir que Quelqu’un a tout créé, que ce « Quelqu’un » a désiré vivre parmi nous, comme nous (hormis le péché) ! Quel trésor de savoir qu’Il a voulu vivre discrètement, durant une trentaine d’années, au sein d’une famille comme les nôtres ! Bien sûr, saine sa Famille !

              Qu’est-ce qui a dû se vivre au cœur de cette Famille ? Qu’est-ce qui a dû se dire ? Oh, ne pensons pas que tout a été simple pour eux. Voyez déjà : ils ont dû fuir en Egypte pour échapper à la cruauté d’un fou de pouvoir. Egypte, ancien pays d’esclavage pour Israël, une autre langue, d’autres coutumes… Mais, c’est vrai, la famille vivait un amour – don de soi, voilà leur « foyer chaleureux » à l’école de Dieu-Jésus, Lui-même à l’école de ses chers parents : quel échange surprenant entre Dieu et l’humanité.

              Tout cela, c’est pour nous aujourd’hui. Quelle merveille !

Quelle merveille : « voici ta mère…Veux-tu ? Voici ton Protecteur, Joseph déclaré saint Protecteur de l’Eglise »

« Quand vous priez, dites : « Notre Père »…Abba, littéralement « papa », avec une connotation affective (« chéri »). Quelle audace ! « A ceux qui l’ont reçu, dit saint Jean dans son Prologue, il a donné le pouvoir de devenir Enfants de Dieu » ! Enfants de Dieu !!

              Voilà le désir de Dieu : tous, une famille en Lui ! Voilà la réalité promise et vers laquelle nous allons pour l’éternité ! « Vous direz : Notre Père… Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés… Ce que je vous demande, c’est de vous aimer les uns les autres ».

              Dieu, Lui-même est Famille : Père, Fils et Esprit-Saint (féminin en Hébreu). Nous sommes créés à son image en tant que famille et la sainte Famille en a été la plus belle (image) en ce monde avec le même Jésus au cœur.

              Une enquête a été réalisée auprès de jeunes pour savoir quelles étaient leurs valeurs désirées les plus importantes. Assez étonnamment, la famille est venue en tête et ce, malgré tant de blessures familiales, tant de déchirures même.

              Comme il est bon de savoir que Dieu est venu restaurer les cœurs abîmés ; leur dire qu’ils sont très aimés, prendre sur Lui tout le mal diviseur, jusqu’au prix de son Sang pour leur (nous) obtenir la grâce du pardon qui ressuscite et donne même d’aimer plus qu’avant !

              Chers frères et sœurs, le trésor de la foi n’est pas une idée (une idéologie). Il n’est pas un ensemble de pensées positives qu’on s’inventerait soi-même.

              C’est une réalité qu’on expérimente : quelqu’un nous parle un jour de ce Jésus ; on est plus ou moins interpelé ; notre raison, évidemment s’interroge ; et puis, dans notre liberté, on fait un saut dans la confiance : « Seigneur, si Tu existes, montre-le moi. »

On persévère dans ce désir, dans cet appel… et puis, curieusement, des signes se manifestent à nous (chacun selon, car chacun est unique). Et l’on s’aperçoit alors d’une présence -la Présence- et l’on remarque, en même temps, que cette Présence s’intéresse à nous avec respect et humilité. S’intéresse et même, et même nous aime ! Et c’est parti, si l’on veut bien persévérer. Le « trésor » s’installe dans nos êtres d’argile, fragiles mais il fait, en nous, son œuvre, progressivement, patiemment, avec ses retouches, de temps en temps.

              Chers confrères, pasteurs au nom de Jésus, merci pour votre « oui » -toujours renouvelable bien-sûr – votre « oui » qui fait fleurir la Vigne du Seigneur, là où Il vous a placés. Je vous laisse mais pas mon cœur. Bonne continuation !

              Merci à toi, Philippe, pour ton « oui » à travailler ensemble encore avec moi au service du Seigneur avec les joies et aussi, je le sais bien, les difficultés que cela implique. Merci de continuer !

              Chers paroissiens, vous tous enfants bien aimés du Père, mes frères et sœurs vraiment en Jésus, merci pour votre « oui » persévérant, au travail de la moisson, ensemble, souvent dans l’ombre du quotidien parfois fastidieux et aussi, bien des fois, dans l’espérance, sans voir les fruits que d’autres récolteront (je vous le promets). Merci pour votre « oui » que nous allons -si vous le voulez bien- renouveler profondément dans cette Eucharistie pour continuer à construire sur la pierre d’angle -Jésus- la famille que le Père désire tant et ce, pour sa Joie et la nôtre. N’est-ce pas ?

              Bonne continuation donc et courage….avec Marie !