Avril 2025


ÉDITO
« Je crois à la résurrection… »
Les chrétiens sont parfois gênés de parler de la résurrection des morts et, en particulier, de la résurrection du Christ. La vie après la mort : oui. La résurrection des morts dans un sens symbolique et purement spirituel : oui. Mais la foi en la résurrection des corps ? Non : c’est incompréhensible, ce n’est pas raisonnable. Il y a tellement d’objections. Par exemple : le corps mort se désagrège et, à la fin, il n’y a plus rien, alors la résurrection des corps ? Non. Pourtant saint Paul résume la foi chrétienne en ces termes : « Si tes lèvres confessent que Jésus est Seigneur et si ton cœur croit que Dieu l’a ressuscité des morts, tu seras sauvé » (Rm 10,9). Aux chrétiens de Corinthe, il explique même : « Si les morts ne ressuscitent pas, le Christ non plus n’est pas ressuscité, et si le Christ n’est pas ressuscité, vaine est votre foi ; vous êtes encore dans vos péchés (1 Co 15,16-17).
Pour entrer dans la perspective de la foi chrétienne, et même juive, il faut découvrir à quel point l’être humain est unifié : le corps fait partie de notre identité ; nous sommes spirituels, mais aussi corporels. C’est toute la dignité de notre corps, de ce qui est vécu dans notre corps. La vie éternelle ne concerne donc pas uniquement notre âme : après la mort du corps, l’âme attend la résurrection de son corps pour que l’être humain tout entier puisse participer au bonheur éternel en Dieu ! Saint Paul a réfléchi sur la statut particulier du corps ressuscité : ce n’est plus un corps terrestre, mais glorifié : c’est un corps céleste, spirituel, incorruptible, immortel (cf. 1 Co 15,44-49). Dieu, notre Créateur, ne peut-il pas tout recréer pour inaugurer la monde nouveau à la fin des temps ?
Jésus Christ ressuscité des morts la nuit de Pâques inaugure ce monde nouveau : son corps est glorifié dans la résurrection, il entre dans la gloire céleste. En Jésus ressuscité, c’est ce monde nouveau qui commence. La Vierge Marie y participe déjà pleinement pas son Assomption. Nous-mêmes, nous commençons à y participer par notre baptême, mais nous n’y participerons pleinement que lors de la glorification, de la résurrection de notre corps à la fin des temps, quand Dieu renouvellera tout, recréera tout !
Dans cette perspective, la fête de Pâques prend toute sa mesure. La résurrection du Christ n’est plus un symbole. Elle inaugure le monde nouveau qui assume toute la première création, y compris dans sa dimension corporelle. En Jésus ressuscité, les corps humains tellement humiliés, défigurés, méprisés tout au long de l’histoire retrouvent déjà toute leur dignité, toute leur beauté, et plus que cela, ils sont même glorifiés dans une splendeur qui dépasse tout. Quel respect nous devons avoir pour le corps humain, pour l’être humain dans sa dimension corporelle, pour tout corps humain ! Quel soin, quel attention nous devons porter à tous ceux qui souffrent dans leur corps, qui sont défigurés dans leur corps, qui sont humiliés dans leur corps ! À quelle gloire nos corps sont-ils appelés ! Voilà le message de Pâques pour notre monde, voilà la mission des témoins de Pâques que nous sommes appelés à être !
Sainte fête de Pâques !